Ce matin, je lisais une
interview de monsieur Vincent Meslet, directeur des programmes de France 3. Bon, rien de bien palpitant, mais je vais quand même jusqu’au bout, des fois que. Et j’ai eu raison ! A l’avant dernière question, je tombe sur cette phrase :
« Nous sommes attachés à revaloriser la parole de l'expert »
Là, vous allez me dire, « oui, bon, c’est de la communication, ou est l’intérêt » ?
L’intérêt se trouve dans la phrase suivante :
« C'est ainsi que nous avons fait appel à Max Gallo pour coprésenter Droit d'inventaire avec Marie Drucker »
*tousse tousse*
D’après France 3, cette émission Droit d’inventaire « revisite l'histoire contemporaine avec le regard d'aujourd'hui »
Alors, je ne mets pas en doute les qualités d’écrivain de monsieur Gallo, ni même le fait que ses romans historiques présentent un intérêt certain (du moins j’imagine, je ne crois pas en avoir déjà lu).
Cependant, par acquis de conscience, je viens de jeter un œil à sa production littéraire, ici. Et… Wow. Je le savais prolifique, mais là… Réussir à publier, en 10 ans, pas moins de 19 tomes de biographie, allant de Napoléon à Louis XIV en passant par de Gaulle et Robespierre, le tout en publiant sur la même période des livres plus généralistes et 7 séries de romans historiques… Je suis impressionné.
Bref.
J’ai du mal à croire qu’on puisse faire un tel grand écart au niveau des périodes étudiées en aussi peu de temps sans commettre d’erreurs, d’anachronismes et de contre-sens.
J’imagine également les haussements de sourcil d’un directeur de recherche découvrant du Max Gallo dans la bibliographie de son étudiant en master.
Autrement dit, j’hésiterai quelque peu à le qualifier d'« expert ». Cependant, il présente l‘avantage, pour France 3, de pouvoir parler de n’importe quelle période sans problème (du moins, à en croire ses livres), ça évite de changer d’historien à chaque émission. Parce que la plupart des historiens, s’ils ont bien une culture historique large (qui est indispensable) ne sont « experts » que sur un domaine précis, et souvent restreint.
Si les livres de Max Gallo peuvent amener des gens à s’intéresser à l’Histoire, c’est très bien.
Mais la prudence impose de se méfier d’historiens capables d’écrire sur des sujets diamétralement opposés en un laps de temps très court.
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P.S : De petites recherches sur son livre
Néron, le règne de l’Antéchrist confirment mes craintes : Le quatrième de couverture explique en effet que « le règne de celui que les chrétiens appelaient l’Antéchrist y apparaît dans les lueurs de l’incendie de Rome et les corps des chrétiens qui servent à éclairer la fête impériale ». Clichés, nous voila ! Craintes encore aggravées par un curieux phénomène dans les titres du cycle
Les Romains, jugez plutôt :
Néron, le règne de l’Antéchrist
Titus ou le martyre des Juifs
Marc Aurèle, le martyre chrétien
Bon, jusqu’ici, ils ne sont pas vraiment reluisants, nos empereurs romains, ces vils persécuteurs, n’est-ce pas ? Et puis vient le dernier tome :
Constantin le Grand, l’Empire du Christ
Tiens ? Pas la moindre connotation négative dans ce titre, celui du livre consacré au premier empereur chrétien ? Constantin s'y voit même gratifié de son surnom de "Grand" (surnom qu'il s'auto-attribue en 315). Bref, une honnêteté intellectuelle qui me semble douteuse dans le choix des titres. Sans même parler du fait qu’aucune politique systématique de répression du christianisme ne fut mise en place par Marc-Aurèle.